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Thierry Lévy, la conscience pour seule défense

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C’est une nuit de novembre 1972. Au petit matin, Claude Buffet et Roger Bontems sont amenés dans la cour de la prison de la Santé, à Paris. Ils vont être guillotinés pour la prise d’otages de la centrale de Clairvaux, l’année précédente, qui s’était conclue par l’assassinat d’un gardien et d’une infirmière de la prison. Jusqu’au bout, le président de la République Georges Pompidou a refusé de leur accorder la grâce. A côté de l’échafaud, se tient Thierry Lévy, avocat de 27 ans, défenseur de Claude Buffet. «Je me souviens de ses mots en sortant de la Santé, raconte Me Henri Leclerc, un des plus grands pénalistes français, qui a connu Lévy à la fin des années 60. Il nous a dit : “C’est nous qui avions des têtes d’assassins.” Pour lui, tous les gens présents dans la cour avaient honte d’être là.»

«Serment». Thierry Lévy est mort lundi à 72 ans, des suites d’un cancer. Il restera comme l’une des figures les plus singulières et combatives du barreau, engagé d’abord contre la peine de mort puis contre le monde carcéral. Dans l’Animal judiciaire, un de ses nombreux ouvrages, il écrit : «La prison, c’est d’abord l’injustice. Tout y est permis, car rien de ce qui la remplit n’est juste.» Jusqu’à sa mort, Thierry Lévy ne dérogera pas à cet engagement, se fixant comme ligne de ne jamais être partie civile contre quelqu’un qui risque la détention. Brigitte Hemmerlin, avocate, a été sa collaboratrice de 1977 à 1980. Elle se souvient d’un professionnel «rigoureux», doté d’une «haute conscience de la déontologie. Jamais il n’aurait fait quelque chose qui aurait pu lui faire trahir son serment d’avocat». Hemmerlin sait de quoi elle parle. En 1981, elle a transmis clandestinement une arme à son client, Philippe Maurice, le dernier condamné à mort de France. L’évasion tourne mal, et un gardien est grièvement blessé. L’avocate écope de cinq ans de prison. C’est Thierry Lévy qui la défend avec Georges Kiejman. «Un jour, il a dit qu’à travers l’acte que j’avais commis, j’avais été la seule, de tous les avocats, à m’engager physiquement contre la peine de mort», se souvient-elle.

Trente ans plus tard, Thierry Lévy est à son côté quand elle demande sa réinscription au barreau. Sans succès. «Très peu d’avocats auraient accepté de me défendre», salue Brigitte Hemmerlin. Elle souligne que le pénaliste avait de «l’estime pour ceux qu’il défendait», la force de «chercher de l’innocence, pas forcément judiciaire, dans tout homme». Elle

Article source: News Source

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